Émile MEYER

(Paris 1858 – Bâle 1914)

Portrait de cavalier à cheval

Huile sur toile

H. 94 cm ; L. 76 cm

Signée en bas à droite

Avant de débuter une tentative de biographie de l’artiste, il faut d’ores et déjà séparer deux homonymes, aujourd’hui confondus dans leur art et leurs dates.

 

Le corpus de notre peintre s’étale sensiblement entre 1880 et 1910, composé de portraits équestres, de scènes équestres, et éventuellement de portraits classiques. Un autre artiste portant le même nom, né lui en 1823 et mort en 1893, travaille dans une veine assez proche, gardant pour sujets principaux les scènes de genres et les sujets allégoriques que la seconde moitié du XIXe siècle appréciait tant.

 

Les corpus de ces deux artistes sont rassemblés en un, à tort. Cependant les styles diffèrent grandement, les signatures d’autant. Notre Meyer effectue des huiles et gouaches de grande précision, aux finitions glacées ou la réalité est retranscrite dans ses plus infimes détails. Aujourd’hui, les maisons de vente et ne nombreux marchands présentent les œuvres sous le même nom et aux dates du « mauvais » Meyer, soit 1823-1893.

 

Notre homme est pourtant né à Paris en 1858, il est le fils d’Alfred Meyer (Peintre animalier selon un extrait de journal de 1874. Nous n’avons retrouvé la trace que d’un peintre émailleur.) et obtient une bourse à l’Ecole des Beaux-Arts en 1874 pour une durée de cinq ans. Très étrangement, aucune information ne ressort des différentes documentations sur ce peintre juif. Son dossier à l’ENSBA aurait-il été supprimé durant les affres des années 30/40 ? L’aurait-on volontairement oublié ? Il expose pourtant au Salon dès 1880 et au moins jusqu’en 1896.

 

Il représente majoritairement des sujets où les chevaux ont une place de choix. Parfois sujet principal en tant qu’athlète, parfois vu avec son cavalier durant une compétition de saut d’obstacle, ou encore à l’arrêt avec son cavalier ou propriétaire bien en selle. Le comte de Potocki, éminent propriétaire de chevaux de courses à la fin du XIXe a commandé de nombreuses œuvres à Meyer. Ses chevaux, ses écuries, ses cavaliers et lui-même sont passés devant le chevalet.

 

Sur un sujet différent mais bien dans le même trait stylistique, une œuvre d’Emile Meyer est conservée au Currier Museum of Art (Manchester, USA), représentant deux cardinaux souriant et « bedondainants » dans un salon richement décoré.

 

Notre portrait par Meyer reste actuellement anonyme. La magnifique livrée noire rehaussée de boutons perlés de cet homme portant tricorne, ne nous réfère actuellement à aucune maison ou institution. Un spécialiste pourra peut-être nous guider vers l’identification de ce cheval à la crinière tressée d’un élégant ruban de soie verte, dont les parements de la redingote de l’homme reprennent le même tissu.

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